« Pratiquée consciemment, la marche est probablement l'acte le plus régénérateur,
la pratique corporelle la plus aboutie qui soit. »
Yvan Amar

Cette approche holistique de la marche est extrêmement concrète, c’est une véritable méthode avec des clés essentielles pour apprendre à marcher en douceur, avec moins d’effort et moins de fatigue, avec plus de plaisir, et ce quel que soit le type de terrain (montée, descente, plat) ; apprendre à apprivoiser les rythmes de la marche afghane et d’autres souffles, pour apprendre à mieux respirer afin de s’oxygéner amplement ; apprendre à vivre la marche en étant pleinement présent, et goûter ainsi à de multiples bienfaits sur tous les plans de l’être. C’est une forme de méditation dans l’action, dans le sens où l’on goûte pleinement tout ce que l’on vit durant la marche.

art de marcher danilo zanin

Certains participants m’ont dit que ma méthode était très proche du Zen. J’admets cette comparaison mais en précisant toutefois que c’est un Zen laïque, même si j’ai aussi pratiqué Zazen et que c’est souvent ainsi que je vis l’assise. Je me sens très proche de l’enseignement du Bouddha. Bouddha parle d’Anapanasati, le yoga de la conscience du souffle entrant et sortant. Il dit « Commencez par cela. » C’est le bon début. Il faut commencer par la respiration et jamais par le processus des pensées lui-même. Lorsque vous pouvez ressentir les mouvements subtils du souffle, alors seulement vous devenez capable de ressentir les mouvements subtils de la pensée.

L’Art de marcher® est différent dans l'esprit de la randonnée pédestre « classique » ( bien que non antinomique) : il s’agit de marcher avec l’esprit du débutant. C’est une attitude intérieure, un état d’esprit dans lequel nous gardons un regard de novice sur tout ce que nous percevons. Il s’agit aussi de marcher dans le non-effort, comme disent les taoistes. C’est un moyen habile – pour reprendre une expression utilisée par les bouddhistes – de pratiquer la Pleine Présence tout en acquérant des clés essentielles pour une marche aux multiples bienfaits. Nous faisons également l’expérience de l’absence de but : lorsque nous pouvons marcher sans lieu précis à atteindre, il est bon de le faire. Très souvent les randonnées sont organisées suivant un parcours bien défini. Cela entraîne de manière subtile une marche où l’esprit se projette déjà dans le lieu à atteindre au détriment de la présence à chaque pas, à chaque souffle, comme si tout le trajet était secondaire par rapport au but à atteindre. Le corps lui-même en porte les traces : si, au bas d’une pente, notre esprit est déjà en haut, nous ne sommes sans doute pas physiquement dans la bonne position. Marcher sans but, c’est découvrir le côté libérateur de l’abandon d’un lieu à atteindre en accordant de la valeur au seul chemin. Et pour finir, nous marchons en restant dans l’attention perceptive.

« Soyez l'observation, ce qui est observé se manifeste dans votre tranquillité. L'observation est tranquillité. Dans le regard il n'y a personne, il n'y a que l'acte de regarder. L'attention est une expression de cette tranquillité, qui est notre état naturel ! »

Jean Klein

Bien entendu dans les randonnées ou trekkings que j'accompagne il y a bien le but d'atteindre le soir le camp ou le lodge mais durant la marche c'est bien sur l'instant présent que nous portons notre attention !