Dans la pratique de l’Art de marcher que je partage l’aspect marche consciente, marche de Pleine Présence est omniprésent tout en étant différent de nombreuses pratiques de cette approche de la marche proposées ailleurs.
En effet même s’il est tout à fait possible de vivre la marche consciente ou marche de Pleine Présence sans faire appel à toutes les clés de l’Art de marcher, c’est souvent cette approche visant à marcher vers le non-effort que je partage le plus souvent de par mon métier!
Dans la description ci-dessous chaque fois que je parle de marche consciente il est bon de se rappeler que nous pouvons l’envisager sans l’aspect méthode de l’Art de marcher mais aussi avec.
Toutes les clés essentielles sont dans mon livre Je marche donc je suis aux éditions Mango.

Si la planète Terre est le cadre idéal pour la marche et l’aventure, elle est aussi le lieu idéal de l’aventure intérieure, le célèbre « Connais-toi toi même » du fronton de Delphes.
Le but de la marche consciente est la marche elle même. La pratiquer dans le cadre propice de montagnes proches ou lointaines, ou dans le désert, est une expérience toujours riche d’enseignements et de bienfaits.
Expérimenter la marche consciente, c’est entrer dans une relation de réelle présence avec ce qui nous entoure, tout est alors vécu de manière plus vivante.
Véritable méditation dans l’action, la marche consciente nous aide simplement à être nous-mêmes, à mieux nous connaître, à vivre l’instant présent pleinement.
Cette exploration est offerte à ceux qui recherchent plus de sagesse et d’équilibre dans leur vie. Cela requiert un esprit bienveillant envers soi-même, un esprit ouvert à tous les possibles.
Pendant la marche consciente, en silence, nous expérimentons notre présence à nous mêmes et au monde : l’attention est portée sur le souffle, les sensations qui parviennent du contact des pieds sur le sol, celles du corps en mouvement, les sons de la nature, l’espace en soi et autour de soi, sans rêverie ni pensée discursive.
C’est la quiétude en mouvement, l’écoulement tranquille du flux de la pleine conscience.
Transposable à chaque instant de la vie, c’est un moyen habile simple et efficace pour prendre contact avec nos ressources intérieures et développer ainsi notre potentiel.
Ce processus n’est pas froid et insensible, au contraire ses attributs sont la douceur, l’appréciation du moment présent, l’amour de soi et des autres.

« Si le bonheur est dans la marche, il est surtout dans la façon de marcher.
Il y a une façon de marcher qui fait de nous des touristes, une façon de marcher qui fait de nous des randonneurs, une façon de marcher qui fait de nous des pèlerins.
Il ne s ‘agit pas d’opposer les unes aux autres, marcher comme un touriste c’st marcher sur l’écorce de la terre ; marcher comme un randonneur c’est connaître la sève de ce monde, entrer dans cette sève, ce mouvement, cette énergie même de l’univers et revenir le soir avec les senteurs de la nature, les sons de la forêt, la beauté des paysages… Marcher comme un pèlerin c’est marcher avec le souffle qui donne vie à la sève, avec ce qui nous anime et nous permet de nous tenir droit dans la lumière ! »
Jean-Yves Leloup l’assise et la marche

Le maître Zen Thich Nhat Hann préconise de marcher à l’aise, en ne laissant derrière nous que des traces de paix, en lâchant prise à nos soucis, nos souffrances. Cette façon de marcher est empreinte d’une certaine dignité.
J’invite à marcher sur la terre avec tendresse, avec cette tendresse qui nous fait caresser le visage de la personne aimée.
Marcher en conscience, c’est marcher aussi dans notre profondeur : chacun de nos pas nous conduit à la rencontre de ce que nous sommes vraiment, notre être essentiel.
En chemin, nous déposons la persona, nos bagages sociaux pour retrouver notre vrai visage originel, celui que nous avions avant notre naissance, comme dit le Zen.
L’attention, la présence, la vigilance a la capacité d’illuminer et de transformer.
Quand notre souffle par exemple devient l’objet sur lequel l’attention se pose, il devient souffle conscient, la lumière de l’attention éclaire notre souffle et le rend calmant et guérisseur. Notre corps et notre esprit sont ainsi illuminés et transformés par la lumière de la pleine conscience.

Une vraie méditation dans l’action !

C’est donc aussi une forme de méditation à part entière. Certaines personnes m’ont dit que pour elles c’est une forme de méditation tout à fait adaptée aux Occidentaux, peu habitués à une assise immobile.
Cela nous permet d’aller à la rencontre de ce que nous sommes vraiment, au-delà de toute identification erronée à un personnage sans cesse changeant. Partant de la marche, nous arrivons très vite dans un autre lieu qui est l’immobilité intérieure.
Marcher ainsi nous met en contact avec cette partie de nous immobile, éternelle, non née, le Soi. Le double regard extérieur/intérieur tranche alors comme l’épée de Manjusri, l’illusion suprême, cause de toutes les souffrances, le sentiment de séparation. Nous avons traversé le désert et le désert nous a traversés !
La transparence de l’être s’est révélée et à chaque pas nous marchons comme une feuille morte tombée de l’arbre et que le vent emporte sans savoir si c’est le vent qui nous porte ou si nous portons le vent !
Je suis toujours étonné par la force de la simplicité : pas de techniques compliquées, simplement l’attention au présent, à la Vie, libre du passé et du futur.
Cette simplicité vécue dans la marche se diffuse dans le quotidien, la vaisselle devient vaisselle consciente et apporte la même Présence, le même Amour de l’action unifiée, la même Joie. Le souffle devient Souffle de Vie, inspirant le nouveau, relâchant l’ancien comme disent les taoïstes.
Alors marchez sur la Terre, sous le Feu du soleil ou l’Eau de la pluie en respirant l’énergie vitale, que chacun de vos pas abreuve tout votre être de Paix et de Joie !

Danilo Zanin